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Interview de Benjamin Combes : Santé, RSE et qualité de vie au travail - Une vision intégrée pour les entreprises de demain

Interview de Benjamin  Combes : Santé, RSE et qualité de vie au travail - Une vision intégrée pour les entreprises de demain

Bonjour Benjamin, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a mené à fonder votre entreprise centrée sur la RSE et la santé au travail ?

La raison d'être des Ateliers Durables est de connecter le travail aux enjeux de société. C'est, quand j'y pense aujourd'hui, une réponse à mes propres frustrations au moment de démarrer mon parcours professionnel. Diplômé d'HEC et de Sciences-Po Paris aux début des années 2000, j'avais le sentiment que le monde du travail ne me permettait pas de m'épanouir pleinement dans mes aspirations citoyennes. Comme si le dialogue entre ces deux mondes étaient fermé. J'ai alors voulu créer des espaces de discussion au sein des entreprise pour parler de santé, de bien-être ou encore d'écologie. Et j'ai constitué en 2012 ce premier réseau de formateurs et formatrices, animées par la même envie de réconcilier la société avec le monde professionnel.

Comment expliquez-vous l'importance de la recherche-action en entreprise pour améliorer la qualité de vie au travail et promouvoir la RSE ?

On voit fleurir chaque jour des nouvelles enquêtes et baromètres sur le bien-être au travail, mais la réalité est qu'on explique encore très mal les dynamiques qui favorisent la qualité de vie au travail. Face à cette boîte noire, il faut rester modeste. Je crois aux approches interdisciplinaires avec des professionnels de santé, des psychologues, des sociologues, mais aussi des coachs et des managers de terrain. Quand on fait discuter ensemble un délégué du personnel, une psy du travail, une nutritionniste, et un spécialiste de la décarbonation, bizarrement, des nouvelles idées émergent. C'est vers ça que devraient aller les programmes de recherche-action en entreprise.

En tant que fondateur et directeur, quelles stratégies avez-vous mises en place pour intégrer harmonieusement la RSE dans la culture d'entreprise ?

Au cœur des valeurs des ateliers durables, il y a cette notion d'atelier et donc d'artisanat : un travail autonome, qui permet d'éprouver la responsabilité, la créativité et la fierté du travail bien fait. Cette liberté est fondamentale dans notre culture d'entreprise, tout comme le refus de la standardisation . Le deuxième pilier est le bien-être au travail et l'équilibre pro perso. La semaine de 4 jours, on l'a mise en place dès la création de la société il y a 10 ans, et on ne reviendrait pour rien au monde dessus. Pour moi, tout cela relève de la RSE, car on construit un équilibre pérenne, mais on montre aussi l'exemple à d'autres entreprises, qui voudraient sortir du culte de la performance.

Quelles sont, selon vous, les plus grandes difficultés auxquelles les entreprises font face aujourd'hui lorsqu'elles tentent d'améliorer la santé au travail ?

Nos interlocuteurs ont parfois l'impression d'être comme Sisyphe, poussant inlassablement leur rocher, sans voir d'issue. L'absentéisme et les arrêts maladie progressent inlassablement. Le monde professionnel est en surchauffe, et l'explication se tient bien souvent à l'extérieur. Des tensions naissent du contexte social et économique tendu et se répercutent au sein des entreprises : anxiété sociale, stress numérique, angoisse climatique se transforment en maladies socioprofessionnelles. C'est pourquoi je crois profondément au besoin de créer des espaces d'écoute et de dialogue au sein des entreprises, pour mieux intégrer cette réalité du dehors et faire du travail un espace sécurisant, où on puisse parler de tout.

Comment pensez-vous que les entreprises peuvent mesurer l'efficacité de leurs initiatives en matière de RSE et de santé au travail ?

Je pense que l'évolution du taux d’absentéisme, du turnover et du sentiment d’appartenance restent de bons indicateurs RH. Le fait de savoir si les collaborateurs recommanderaient l’entreprise à un proche est également un indicateur pertinent. Je m'inquiète néanmoins de la multiplication des indicateurs. Il est plus important à mon sens de remonter et bien définir la mission de l'entreprise, sa contribution sociale et environnementale, son système de gouvernance. Développer la participation des salariés et la transparence par exemple : je vois beaucoup moins de volonté et d'indicateurs sur ces sujets malheureusement.

À votre avis, comment le rôle de la RSE et de la santé au travail évoluera-t-il dans les prochaines années face aux nouveaux défis économiques et sociaux ?

Je constate depuis quelques années une intégration progressive de ces fonctions. A l'origine des Ateliers Durables il y a 12 ans, avec nos 3 piliers "Santé au travail, QVCT et RSE", on nous voyait comme des ovnis. Aujourd'hui, nos clients nous prennent volontiers des programmes de formation sur les 3 thématiques. Ils ont compris que tout cela relève d'une même logique d'adaptation au changement. D'autres sujets émergent avec le vieillissement de la population, l'intelligence artificielle, ou le recul de la démocratie qui font peser des risque à la fois sur la santé et la planète. J'ai l'espoir que les entreprises puissent à la fois servir d'espace de refuge, mais aussi d'espace de rencontres entre individus différents, car c'est de là que naitront les solutions. Il faudra donc côté RSE et santé au travail des compétences nouvelles, pour apprendre à créer, animer, faciliter ces temps d'échanges en interne, mais aussi avec le reste de la société.

Pour plus d'informations : http://www.ateliersdurables.com

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